
Le diabète de type 5 désigne une forme de diabète associée à une sous-alimentation durable et à une faible production d'insuline. Il se distingue du diabète de type 1, marqué par une réaction auto-immune, et du type 2, où l'organisme utilise moins bien l'insuline. La Fédération Internationale du Diabète (FID) l'a reconnu dans sa classification en 2025, après des années de descriptions sous d'autres termes. Cette forme concerne surtout des adolescents et de jeunes adultes vivant dans des contextes de précarité alimentaire prolongée. En France, où plus de 4 millions de personnes vivent avec un diabète, elle reste rare et peut être méconnue.
À retenir – Comment reconnaître le diabète de type 5 ?
- Il survient dans un contexte de sous-alimentation prolongée et de faible masse corporelle.
- Il associe une hyperglycémie à une production d'insuline insuffisante, sans auto-immunité démontrée.
- Son identification évite d'assimiler trop vite la personne à un diabète de type 1 ou de type 2.
- Les symptômes ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer le type de diabète.
- Un dosage du peptide C, des auto-anticorps et un bilan nutritionnel sont souvent nécessaires.
- Le traitement doit être décidé par une équipe médicale, en tenant compte de l'état nutritionnel.
Le diabète de type 5 correspond à une insulinodéficience liée à la dénutrition
Le diabète de type 5 est aussi appelé diabète sucré lié à la malnutrition (MRDM), pour malnutrition-related diabetes mellitus. Il apparaît chez des personnes ayant connu une restriction alimentaire sévère et durable, souvent depuis l'enfance ou l'adolescence. Le pancréas produit alors trop peu d'insuline pour maintenir le glucose sanguin dans une plage normale.
La malnutrition peut altérer le développement et le fonctionnement des cellules bêta du pancréas. Ces cellules, regroupées dans les îlots de Langerhans, fabriquent l'insuline. Le mécanisme exact reste étudié, car les carences en protéines, en micronutriments et les infections répétées peuvent se cumuler.
Cette catégorie recouvre une réalité clinique différente des formes classiques. Elle est plus souvent décrite dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne. Le lieu de vie compte par l'accès durable à l'alimentation, pas par le climat ni la proximité d'un volcan.
Les repères qui distinguent les diabètes de types 1, 2 et 5
L'âge, le poids, l'histoire familiale et le contexte nutritionnel donnent les premiers indices. Ils ne suffisent pourtant pas à classer un diabète avec certitude. Les analyses sanguines évaluent la glycémie, la sécrétion résiduelle d'insuline et la présence éventuelle d'auto-anticorps.
Les différences entre le diabète de type 5 et le type 1 tiennent surtout à l'origine de l'insulinodéficience. Dans le type 1, le système immunitaire attaque les cellules bêta. Cette destruction auto-immune des cellules bêta peut être recherchée par des dosages d'anticorps spécifiques.
Le type 2 s'accompagne plus souvent d'une résistance à l'insuline. Il concerne fréquemment l'âge adulte et peut être associé au surpoids, même si cette présentation ne résume pas tous les cas. En France, le type 2 représente environ 92 % des diabètes, contre près de 6 % pour le type 1. Les autres formes constituent environ 2 % des situations recensées.
| Type de diabète | Mécanisme principal | Profil fréquent | Auto-anticorps | Peptide C | Contexte évocateur |
|---|---|---|---|---|---|
| Diabète de type 1 | Auto-immunité détruisant les cellules bêta | Enfant, adolescent ou adulte jeune | Souvent présents | Bas ou indétectable au fil du temps | Antécédents auto-immuns possibles |
| Diabète de type 2 | Résistance à l’insuline puis épuisement progressif | Souvent adulte, mais possible plus tôt | Habituellement absents | Normal ou élevé au début, puis variable | Antécédents familiaux et facteurs métaboliques |
| Diabète de type 5 | Production d’insuline réduite après dénutrition durable | Adolescent ou jeune adulte à faible indice de masse corporelle | Absents dans la plupart des cas | Bas, traduisant une sécrétion d’insuline réduite | Privation alimentaire prolongée et retard staturo-pondéral possible |
Pour une personne très maigre ayant subi une sous-alimentation prolongée, les cliniciens privilégient l'exploration d'un type 5. Face à des auto-anticorps positifs, l'orientation vers un type 1 devient plus probable. Un profil métabolique avec surpoids ou tour de taille élevé fait davantage évoquer un type 2, sans dispenser des examens utiles.
Les causes du diabète lié à la malnutrition et ses symptômes
Les causes du diabète lié à la malnutrition reposent sur une exposition prolongée à des apports énergétiques et protéiques insuffisants. La malnutrition chronique et une carence en insuline peuvent alors s'installer de manière conjointe. Cette situation diffère d'une perte de poids récente causée par un diabète déjà déclaré.
Les symptômes du diabète de type 5 ressemblent à ceux des autres diabètes. Soif importante, urines fréquentes, fatigue, vision trouble et amaigrissement doivent conduire à consulter. Chez une personne déjà dénutrie, l'amaigrissement peut être moins visible et retarder le repérage.
Une hyperglycémie chronique abîme progressivement les vaisseaux et les nerfs. Le risque concerne les yeux, les reins, les pieds et le système cardiovasculaire. La prise en charge associe donc le contrôle de la glycémie à une correction prudente des déficits nutritionnels.
Les examens biologiques réduisent le risque d'erreur de classification
Le diagnostic de diabète repose d'abord sur la mesure du glucose sanguin. La glycémie habituelle à jeun se situe approximativement entre 0,70 et 1,10 g/l. Reconnu comme cinquième catégorie en 2025, le diabète de type 5 suppose d'abord une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/l à deux reprises, ou une valeur très élevée interprétée par un professionnel selon le contexte clinique.
Une glycémie d'au moins 2 g/l à n'importe quel moment de la journée est également un signal fort, surtout en présence de symptômes. Le médecin peut demander une hémoglobine glyquée, qui reflète l'exposition moyenne au glucose sur les deux à trois derniers mois. Le peptide C renseigne sur la sécrétion d'insuline restante.
La recherche d'auto-anticorps aide à identifier un type 1. Un bilan de dénutrition, avec le poids, la taille, l'évolution pondérale et certains dosages sanguins, complète l'évaluation. Un diagnostic erroné de type 1 ou de type 2 peut conduire à un traitement insuffisamment adapté à la fragilité nutritionnelle.
Lorsque des analyses doivent être interprétées dans leur ensemble, les examens diagnostiques illustrent l’importance de croiser les résultats biologiques, l’imagerie quand elle est utile et l’histoire clinique.
L'hyperglycémie provoquée par voie orale sert surtout au dépistage du diabète gestationnel. Elle consiste à boire 75 g de glucose, puis à réaliser des prélèvements à jeun, une heure et deux heures après. Cet examen ne permet pas, à lui seul, de distinguer un type 5 d'un type 1 ou d'un type 2.
Questions fréquentes sur le diabète de type 5
Le diabète de type 5 est-il une forme de diabète de type 1 ?
Non. Le type 1 résulte d'une réaction auto-immune contre les cellules qui produisent l'insuline. Le type 5 est associé à une sous-alimentation durable et à une baisse de la capacité du pancréas à sécréter l'insuline, généralement sans auto-anticorps détectables.
Pourquoi le diabète de type 5 peut-il être confondu avec le type 2 ?
La confusion est possible car les deux formes peuvent apparaître à l'âge adulte et s'accompagner d'une hyperglycémie progressive. Le faible poids, les antécédents de dénutrition et un peptide C bas orientent cependant vers une insulinodéficience liée à la malnutrition. Un bilan médical évite de conclure à partir du seul âge de la personne.
Le diabète de type 5 concerne-t-il la France ?
Oui, mais il semble beaucoup moins fréquent qu'en zones touchées par l'insécurité alimentaire chronique. Il peut concerner des personnes ayant vécu une dénutrition sévère, y compris après un parcours migratoire ou une maladie ayant fortement limité les apports. Sa rareté ne justifie pas d'écarter cette piste lorsque le tableau clinique l'évoque.
Quel traitement est proposé en cas de diabète de type 5 ?
Le traitement est individualisé et nécessite une surveillance médicale rapprochée. L'insuline peut être nécessaire, mais son dosage doit tenir compte du poids, des apports alimentaires et du risque d'hypoglycémie. La renutrition progressive et le suivi des complications font partie intégrante de la prise en charge.
La reconnaissance médicale de cette forme améliore la lecture de situations longtemps rangées dans les catégories 1 ou 2. Une glycémie élevée associée à une perte de poids ou à des antécédents de dénutrition justifie une consultation rapide. Le bon classement du diabète aide à organiser un suivi plus sûr et adapté.
